lundi 31 juillet 2017

The Damned : Don’t You Wish That We Were Dead (2015)


Je sors de ma tombe juste le temps de vous signaler qu'il ne vous reste que 20 jours pour visionner l'édifiant documentaire que Wes Orshoski a consacré aux Damned, dont le premier album, en 1977, a changé ma vie mort.
Génie précoce, blasphème, ratage absolu du second album, mésententes, trahisons, alcool, grotesque, impostures, commerce de la plus abjecte nostalgie, tout y est.

http://www.arte.tv/fr/videos/075965-000-A/the-damned-don-t-you-wish-that-we-were-dead


 [Edit]
Ce qu'il y a de bien dans la Damned Damned Damned - 30th Anniversary Expanded Edition, c'est le Disc 2 - Bonus Tracks : toutes ces B-sides et maquettes de 76/77, qui restituent la créativité et l'énergie du groupe dans sa première incarnation.
Quarante ans plus tard, j'ai l'impression d'avoir à nouveau 54 ans.

https://www.mediafire.com/?67j3r9ie4llpf9l

mercredi 21 juin 2017

Je t'en foutrai, moi, de la science-fiction


Avec ce titre à l'emporte-pièce, comme un lointain écho à ma Chronomachine lente, qu'elle est même pas à moi d'ailleurs c'est une mobylette quantique que j'ai chouravée à un auteur de SF, cette semaine, je n'ai pas vraiment pas le goût à partager mes choix musicaux.
Ni même à en faire.
Je crois arriver à la fin d'un cycle.
Je n'éprouve plus aucun plaisir à ce petit jeu du "show and tell" qui m'a mené aux confins du chauve en taule.
Enfin, ma prison elle n'a qu'un seul barreau, hein, je peux cesser de tourner autour en le lâchant. 

On connait la chanson. 
J'en ai un peu marre de me goinfrer le disque dur sans que ça améliore ma qualité de vie intérieure.
Je prends beaucoup plus de plaisir aujourd'hui à traduire ou resynchroniser des sous-titres de films ou de séries avec des amis imaginaires évitants sociaux.
C'est le problème des compulsions : l'abondance rassasie, mais la surabondance écoeure.
Je cesse donc de chercher des disques mémorables, de toute façon les acouphènes ont insidieusement émoussé la qualité de mon écoute musicale, et je me recentre IRL pour m'y fabriquer des souvenirs mémorables. Haha.
Ce faisant, j'écoute moins de musique, ça me déconcentre. Si je veux être honnête, quand j'écoute de la musique je n'arrive à faire rien d'autre en même temps.
Je viens de finir de lire "La Horde du Contrevent" d'Alain Damasio, grand livre qui tient autant de la SF que de la la mystique pure. Et le pire, c'est que ça reste compréhensible et aimable.
Bon, d'accord, c'est plutôt de la fantasy, en fait. En temps normal, je pisse contre, mais là j'ai dû traverser par erreur une phase open-minded, ou manger un truc pas frais, je sais pas.
En tout cas, du temps où Le Cafard Cosmique était un site de SF régulièrement actualisé, ils y avaient vu en 2007 « un des meilleurs romans français dans le genre depuis 20 ans », et en avaient apprécié l'« ambition assumée » et la « flagrante originalité ».
C’est pas faux.
J'y pioche une phrase, vers la fin :
« Je m’en sortis parce que je compris, du cœur de mon effondrement, que toute la Horde n’était encore debout sur la lande que par ma faculté active à la faire vivre. La solitude n’existe pas. Nul n’a jamais été seul pour naître. La solitude est cette ombre que projette la fatigue du lien chez qui ne parvient plus à avancer peuplé de ceux qu’il a aimés, qu’importe ce qui lui a été rendu.  »
Ca pisse quand même plus loin que cette répartie pourtant cocasse du prince des ténèbres à Ewan McGregor dans Fargo Saison 3 épisode 9 : « The problem is not that there is evil in the world, the problem is that there is good. Because otherwise, who would care ? »
Ca me rappelle une discussion sur le blog de Li-An où il évoquait Moebius, qui différenciait les artistes qui portaient la mort dans leur travail et ceux tournés vers la vie. 
Damasio est clairement tourné vers la vie.
Et maintenant que je l'ai finie, la Horde, où me ravitailler en bonnes lectures pour l'été depuis le tragique gel du site du Cafard ?
Où trouver l'équivalent pour se faire des stocks en SF vivante maintenant qu'elle est morte ?
Bon, c'est vrai, il y a la sélection SF des Inrocks :
- Les cinq romans de SF indispensables du printemps
- Les 6 romans de SF du moment à ne pas manquer
- Les 8 livres de SF indispensables de ce début d’année
- Les meilleurs livres de SF de cette fin d’année...
Mais c'est les Inrocks, donc attention à la hype.
Enfin, j'ai lu leur spécial Pink Floyd, il était honnête. Faut pas généraliser non plus.
Des fois, y'a des chroniques SF dans le Monde, mais c'est très irrégulier.
Il y a aussi les blogs des anciens du Cafard :
et tous ceux qu'on trouve en lien sur leurs blogs.
Des gens qui ne font que lire, et recracher des articles, bien que je les soupçonne d'aller faire pipi de temps à autre.
Y se lassent pas, eux.
Y z'ont bien de la chance.
Il est vrai qu'en démarrant ce blog en 2009, je disais :
"Sur ce blog, je mettrai en ligne des disques et des BD généralement introuvables voire incunables, afin de ne pas nuire au petit commerce.
Musique pour évaluation : si ça vous plait, soyez gentils d'acheter le disque, qu'on trouve en général si on se donne la peine de chercher."
J'ai un peu dérivé.
Début 2010, j'avais plié boutique pendant 2 ans, remarquant que j'avais fait le tour du compteur et un sacré trou dans la couche de vynile, sans parler de la pile de comics.
7 ans plus tard, je peux dire que j'ai enrichi mes connaissances musicales et affiné mes goûts.
Mais je ne suis plus trop motivé.
Ce coup-ci, c'est pas que ça soit trop chronophage, j'ai réglé ce problème.
C'est plutôt que ma soif d'incunables a été étanchée, et que ça va bien comme ça pour l'instant.
J'ai envie de recommencer à acheter des disques, et à prendre le temps de m'y attacher, plutôt qu'être tout le temps dans le flux.
Dans cette attente, allez en paix.
Et puis c'est aujourd'hui la fête de la musique, évènement qui a fait à la musique ce que Hitler a fait à la Pologne, mais qu'importe, il y a sûrement un groupe de jeunes dans le quartier qui massacre gaiement des reprises de Nirvana, sortez un peu de chez vous, bordel !

vendredi 16 juin 2017

Kikagaku Moyo (幾何学模様) - House in the Tall Grass (2016)

Et voilà. Je n'ai plus besoin de courir sur le net comme un dératé pour trouver le must-have de la semaine. J'ai découvert Kikagaku Moyo, et j'en ai pour des lustres à éponger le carrelage de mon bureau. On dirait un peu un (très) vieux Pink Floyd, si Pink Floyd était resté très jeune, et nippon.
Ca me console de tous ces jeunes et moins jeunes croisés aujourd'hui dans le Nantes-Clisson qui allaient voir Blue Öyster Cult et Deep Purple au Hellfest. Blue Öyster Cult ?? y sont pas morts ??? apparemment non.
Kikagaku Moyo, c'est plein d'émotions, c'est frais, étonnant, c'est une bande de japonais qui campent au milieu du cadavre du psychédélisme soft sans être au courant que le psychédélisme est mort depuis belle lurette en tant que mouvement esthétique, et d'ailleurs s'ils le savaient ils s'en moqueraient comme de leur première console Atari, comme les soldats japs qu'on avait retrouvés sur une ile paumée du Pacifique et qui ignoraient que la guerre était finie, que l'empereur avait abdiqué, et qui allaient au bureau tous les matins balayer la tranchée dans l'espoir de voir passer Buck Danny.

https://geometricpatterns.bandcamp.com/album/house-in-the-tall-grass

samedi 10 juin 2017

Fargo Saison 2 (Music heard in the FX Original Series) (2015)

Dans la saison 2 de Fargo, en plus de la musique orchestrale vaguement pompière et obsédante de Jeff Russo, on entend Johannes Brahms, Yamasuki, Lavender Jane, The Dramatics, Black Sabbath, Count Basie & His Orchestra, Devo, Gustav Mahler, Dr Hook, Steve Miller Band, Junction, Cris Williamson… comme ça se passe en 79, Russo a joué le jeu de n'intégrer que des musiciens de l'époque (chacun sait que Brahms et Malher étaient les pseudos les plus fréquents de Brian Eno et David B. pendant la période)
Il n'est soudain plus question de jeunes cons et de vieux cons, je suis frappé par l'espérance et l'énergie qui surgissent de ces folk-songs endiablées, de ce hard-rock propret... Y'a guère que le "Too much paranoïas" de Devo qui appelle par sa stupeur et ses tremblements le chaos des années 80.

Merci Tunefind.
Merci Youbute.
Merci 4K Youbute to MP3.

Du coup, ça ne ressemble encore plus du tout à la B.O. d'un film des frères Coen.
J'aimerais qu'on m'explique.

https://www.mediafire.com/?ibcl1idpsd1aff4




mercredi 7 juin 2017

The Psychedelic Furs - The Psychedelic Furs (1980)

A la messe de dimanche dernier, célébrée tout seul en mon église déserte, j'ai menti.
Je connaissais déjà le shoegaze.
Et si la musique des jeunes cons d'aujourd'hui  ne me fait pas l'effet de ma musique de vieux cons, qui n'est en fait que la musique des jeunes cons d'hier, c'est que je n'ai plus guère le temps de me l'approprier en sécrétant par mes tentacules des bassines de glu émotionnelle autour, comme quand j'étais un  jeune con qui n'avait que ça à faire. Ca prend des centaines d'heures, pour un résultat finalement décevant et prédictible : l'attachement.
Bon ben si c'est comme ça, je n'ai plus qu'à continuer à écouter et mettre en ligne de la musique de vieux cons, qui me fait encore l'effet qu'elle me faisait hier, du fait de l'attachement, comme tous les vieux cons que je connais qui ont des blogs de vieux cons où il postent le même genre de disque de vieux cons, même si à l'époque c'était de la musique des jeunes cons.
Je ne vise personne en particulier, je ne voudrais pas froisser la sensibilité des vieux cons qui postent aussi des disques de jeunes cons pour faire diversion.
Un bon disque de vieux cons, c'est par exemple le premier album des Psychedelic Furs, dont un ardent thuriféraire sur Amazon déclara un jour :
The Psych Furs really shone on this album. When I first listened to this album (1980) I knew I loved it, then I discovered the velvet underground and finally understood it. This is music for music's sake; artistic and brutally honest.
For the uninitiated, the Psych Furs are a volatile mix of Magazine, Siouxsie and the Banshees and the Sex Pistols. And Richard Butler is a singer that anyone would love in their band. A raspy voiced Bowie who can mesmerize with a monotonic drone and drive home the point with an ironic snarl. And all the while the band pounds out a shimmering veil of pulsating sound.
"I'm in love with the BBC, I'm in love with your TV, and they are so in love with you and me"



https://www.mediafire.com/?5of1vt8i772bmod

La hargne, le nihilisme et la méchanceté incantatoires qu'on devine sans même avoir besoin de se référer aux lyrics de "We fall" fait-elle jeune con, vieux con, ou con intemporel ?




"We fall" :
la cover de Xavier Gorce
dans le Monde de ce matin.
Trop de bonheur.


mardi 6 juin 2017

La Brigade du Spoil : Twin Peaks Saison 3, épisodes 1-8

Honnêtement, la question que m’a posé le premier épisode de la saison 3 c’est « qu’est-ce que t’as fait pendant 25 ans ? » à laquelle les acteurs survivants de la série répondaient spontanément « pas grand-chose, mais beaucoup de temps a passé » sauf Kyle MacLachlan qui était au frigo dans la Red Room - ça conserve. Et cette manie d’étirer les scènes quand il ne s'y passe apparemment rien, et cette façon de les ressentir comme quand on va s’évanouir, que les phrases entendues perdent tout sens et se noient sous des tonnes de réverbération pendant que le champ visuel se remplit de losanges gris et noirs qui irradient comme le carrelage de la Red Room, est-ce que ça t’a vraiment manqué pendant un quart de siècle, ou est-ce que tu repiques au truc juste par hype et par paresse intellectuelle ?
Quand tu regardes du Lynch il te regarde aussi, et bien au fond.

Honnêtement, la question que m’a posé le second épisode de la saison 3 c’est « qu’est-ce que c’est que ces manières, David, de nous rebalancer tes vieilles obsessions - la durée, le visage miroir de l’âme, les entités maléfiques d’outre-espace, l’incompréhensible fatum, le bruit du temps dosé par l’intensité de la soufflerie, mixée différemment selon chaque plan sonore, les trucages cheap exprès, comme si tu sortais juste d’Eraserhead, le soap vénéneux  et débilitant jusqu’au coma, et pourquoi Inland Empire était-il si hermétique et pénible, et pourquoi toutes les scènes intéressantes de Fire Walk with me avaient-elles virées pour atterrir dans le 90 minutes des scènes coupées ? » 

Honnêtement, la question que m’a posé le troisième épisode de la saison 3 c’est « qu’est-ce que c’est bien d’avoir attendu l’épisode 3 pour faire du neuf avec du vieux, et nous montrer ton nouveau savoir. » Du coup, c’était pas une question, mais une réponse. 
Tout est pardonné.
C’est reparti comme en 14. 

[spoiler] 


[/spoiler]

 [Hideuse traque]

Episode 5 en approche !
Mister Jackpots est-il toujours not-knowing ?
Reverrons-nous la pulpeuse Nafessa Williams ??
Dans une interview secrète de son doppelgänger, David Lynch promet de révéler sur son lit de mort s'il s'est moqué du monde ou pas !
La personne qui a taggué ce post "kritik'd" alors que ce n'est qu'un billet d'humeur ira-t-elle chez l'oculiste ???
Si après l'épisode 5 vous vous sentez dans la merde, faut-il acheter la pelle du docteur Amp ??
Tous les détails dans notre édition du soir !!!

 [Hideuse traque 2]

 Honnêtement, la question que m’a posé le huitième épisode de la saison 3 c'est "va-t-il se foutre de notre gueule encore longtemps ?" comme rien n'est jamais acquis avec Lynch, il faudra attendre la fin de saison pour oser critiquer quoi que ce soit.


dimanche 4 juin 2017

Slowdive - Slomo "live" (2017)

And now for something completely vieux con.
Dans les années 70, c'était facile d'avoir l'impression de tout savoir de la pop, du rock et de la folk; il suffisait de lire attentivement Rock & Folk, de regarder Chorus sur Antenne 2, et d'écouter France Inter le soir, et on avait à peu près fait le tour. On écoutait, on comprenait les courants, on observait les mouvances, on achetait. Ce qu'on n'achetait pas, on l'entendait chez les copains, si ça nous plaisait on enregistrait une cassette sur un affreux combiné tourne-disque/k7. Ca ne méritait pas le nom de piratage, vu la piètre qualité de copie analogique, malgré l'apparition du dolby puis des cassettes au chrome. Ce qui était pirate, c'était les concerts enregistrés sous la pluie à travers un sac de couchage, fallait vraiment être fan pour acheter. 
Le disque était un objet concret et imposant, quand on l'achetait on nouait avec lui des rapports quasi-amoureux, on l'emmenait avec nous aux soirées, on notait et mémorisait les craquements et poussières qui apparaissaient au fur et à mesure de l'usure provoquée par les écoutes. Ca prenait des mois pour tisser son cocon de glu émotionnelle autour de lui.
Bon, voilà qu'en 40 ans, le disque a quasiment disparu comme support, tout s'écoute gratuitement et s'achète en ligne, et il ne s'écoule pas une semaine sans que 30 groupes essentiels surgissent de nulle part. Qu'on le veuille ou non, on est largué. Ca fait longtemps qu'on n'a plus le coeur à lire Rock & Folk, les Inrocks sont trop souvent dans la hype, et on est passé à Télérama et aux milliards de blogs musicaux qu'on déchiffre d'un oeil morne, et qui rendent compte de l'émiettement, de la fragmentation des musiques et des publics. On est obligé d'en rabattre sur notre présomption d'universalité. Et de quoi était-elle le paravent ? Une croyance absurde qu'on allait séduire des gonzesses par notre connaissance encyclopédique des arcanes du rock ?
Autant vous le dire tout de suite, avant d'en entendre parler dans Télérama, je croyais que le shoegaze c'était quand on regarde ses chaussures quand on a trop fumé de pétards. J'ai pas connu Slowdive... 17 ans qu'ils n'avaient pas sorti un album. Qu'est-ce qu'ils ont fait pendant tout ce temps ? ils étaient avec Kyle MacLachlan dans la Red Room de Twin Peaks, en attendant que David Lynch y rallume la lumière ? Si j'étais lui, j'aurais mis du Slowdive dans la B.O. de la saison 3, plutôt que les obscurs groupes de synth-pop 80's qu'il balance à chaque fin d'épisode. Les fantômes gazeux des Psychedelic Furs ou des Cocteau Twins que j'entends sur le dernier Slowdive valent bien les girlbands qui défilent dans ce nouveau Twin Peaks. Mais bon, je ne suis pas David Lynch, il m'arrive parfois d'avoir l'impression de revivre éveillé certaines séquences cauchemardesques de la série, c'est déjà pas mal, ne soyons pas trop gourmand.

Ah j'ai eu du mal à me retenir de vous proposer le dernier Slowdive piraté, l'album n'est pas complet sur bandcamp ni sur soundcloud ni sur youtube. Sur spotify ou deezer, sans doute, mais je ne fréquente pas ces plate-formes. Voici les deux premiers morceaux de l'album, qui me plaisent bien.



dimanche 28 mai 2017

The Heliocentrics - A World Of Masks (2017)




Une profonde mélancolie s'exhale du dernier disque des Héliocentristes, sans doute imputable au départ de François Bayrou de la formation qu'il avait créée de ses mains pleines de doigts, à l'heure où les sirènes du changement l'appellent à de plus hautes fonctions au ministère de la Justesse.
Anyway, on entend ici quelque chose comme le croisement de Asian Dub Foundation sous lithium et du Kilimanjaro Darkjazz Ensemble décaféiné, puis recaféiné.
Et moi qui croyais que The Heliocentrics étaient la section rythmique de Mulatu Astakte, pour avoir acheté un disque où ils jouaient ensemble, sans avoir porté attention aux notes de pochette.
Sot que j'étais, malgré mon diplome en psychopathologie de téléchargement illégal.
Comme quoi, les études ça ne fait pas tout.
Y'en a qui disent que c'est de l'acide jazz.
Délétère et psychédélique.
Moi je dis rien, j'écoute et j'apprécie.


dimanche 21 mai 2017

Jeff Russo - Fargo Saison 2 Original Soundtrack (2015)


Une lumière extraordinaire baigne le Minnesota de cette saison 2.
Ce qui est d'autant plus surprenant qu'elle a été tournée dans l'Alberta. Ha ha ! Il y a de bons personnages et des acteurs corrects, mais sans la profondeur du script de la saison 1. Peut-être qu'en 1979, année où se déroulent les évènements de la S2, les personnages ne pouvaient pas être aussi pervers et tordus qu'en 2006, dans la S1, parce qu’ils n’avaient pas internet ? Peut-être que Noah Hawley était accaparé par la préparation de Légion et qu'il a sous-traité la série à des tâcherons coréens sous-payés ? on ne le saura jamais. La saison 2 se clôt pour moi avec une impression de "unfinished business", bien que la plupart des méchants aient claboté et que la plupart des gentils soient à peu près hors de danger. Ce n'est pas le sens moral qui faisait le charme de la saison 1. Il y avait à la fois moins de clichés et plus de surréalisme. Bien qu'on ait droit dans la S2 à une rencontre du troisième sale type, qui semble avoir une fonction purement décorative. J'ai repéré aussi quelques citations flagrantes et poignantes à Arizona Junior, mais la mayonnaise est moins consistante pour moi.
Au niveau formel, un peu déçu aussi : il y avait de constantes et inattendues trouvailles dans la saison 1 (prises de vues, montage, son) et tout cela est remplacé par un splitscreen "pour faire 70's" aussi récurrent que banalement exploité.
La musique de Jeff Russo est parfaite, elle.

http://newalbumreleases.net/84743/jeff-russo-fargo-year-2-2016/#more-84743

dimanche 14 mai 2017

Carbon Based Lifeforms - Twentythree (2011)


Alors c'est deux suédois qui font une ambient music à base de carbone, mais avec pas mal de coeur aussi... vous la connaissez, non ?
parce que si Chirac n'a pas le monopole du coeur, Steve Roach n'a pas celui de l'ambient.
Très réussi, as far as I'm concerned.

https://carbonbasedlifeforms.bandcamp.com/album/twentythree

samedi 13 mai 2017

[Exhumation] Steve Earle – I’ll Never Get Out Of This World Alive (2011)


7/04/2014

Voici ma nouvelle idole des vieux.
Repéré sur la B.O.de Trous détectives, évidemment.
Et puis en trois clicks, bon sang mais c'est bien sûr !
C'est lui qui jouait Harley Wyatt dans Treme !
Et Walon dans The Wire ! Vu la vie agitée qui fut la sienne, c'est des rôles de re-composition.
"Je ne sortirai pas de ce monde vivant" : avec un titre comme ça, il ne pouvait que finir sur ma tombe, celui-là. Très bon album d'americana, parmi une discographie déjà bien encombrée de pépites que je n'ai pas écoutées, des fois la vie est trop courte pour tout télécharger.
On attend avec impatience l'album suivant : "Snif, je me manque déjà".
En plus il a été produit par T-Bone Burnett, alors takavouar.


https://steveearle.bandcamp.com/album/ill-never-get-out-of-this-world-alive

 [Edit du 13/05/2017] 

Les liens Soundcloud étaient mourus, et personne ne me disait rien.
Et comme j'ai l'air parti à redécouvrir des musiques sympa en regardant des séries télé, allons-y :
2 titres enchainés pour le prix de O !






vendredi 12 mai 2017

Fargo Saison 1 (Music heard in the FX Original Series) (2014)


Y'a pas que les musiques de Jeff Russo dans les séries de Noah Hawley, dans la vie. 
Voici donc maintenant sans autre forme de procès les musiques qu'on entend dans la Saison 1 de Fargo et qui ne sont pas de Jeff Russo.

Merci Tunefind.
Merci Youbute.
Merci 4K Youbute to MP3.

Du coup, ça ressemble à la B.O. d'un film des frères Coen.
J'aimerais qu'on m'explique.

https://www.mediafire.com/?uffo64k76op0nja


"Jésus est dans l'hostie comme les frères Coen sont dans ce pâté"
(allégorie)


jeudi 11 mai 2017

Jeff Russo - Fargo Saison 1 Original Soundtrack (2014)


Hé ben Jeff Russo, avant de faire la musique de Légion, hé ben il a fait la musique de Fargo. Et avant il était musicien de rock, mais là on s'en fout, y'a pas marqué wiki.
Hé ben Fargo  la série je voulais pas la regarder, mais après avoir vu Légion, j'ai eu le sentiment de tomber sur un vrai auteur alors j'ai vu que Noah Hawley avait fait Fargo, hé ben j'ai regardé Fargo, en tout cas je suis dans la saison 1 et j'ai très beau temps malgré quelques tempêtes de neige, et c'est beaucoup moins éprouvant que ce que je croyais et qui faisait que je voulais pas le voir.


Et pourquoi je voulais pas voir Fargo la série ?
hé ben je ne voulais pas me retrouver avec le film des Frère Coen déployé sur 10 fois 45 minutes, pardi, minute papillon, hé ben finalement pas du tout.
Je n'aime pas les Frère Coen quand ils s'acharnent pas du tout thérapeutiquement, avec une cruauté et sans doute la jubilation concomitante de démiurges vengeurs sur des personnages minables qui ne leur ont même pas rien fait, à part que c'est des gens chez qui y'a rien à sauver, j'ai alors l'impression d'être acculé à me sentir moralement supérieur et à ricaner faute de mieux, je préfère de beaucoup adopter cette posture quand j'y suis contraint à l'insu de mon plein gré par des nécessités internes, hé ben dans Fargo la série ce n'est pas du tout le cas, alors que dans Fargo le film j'aurais eu envie de tous les enfermer dans un camp d'extermination nazi histoire de les mettre hors d'état de nuire, sauf la fliquette encloque, merci bien pour ce chaleureux moment de cinéma humaniste en diable.
Alors bien sûr dans Fargo la série, il y a des personnages folkloriques et accablés, de pures constructions médiocratiques, mais il y a aussi un Méchant Absolu autour duquel l'univers vient gentiment s'aligner comme de la limaille de fer autour d'un aimant, un Saint laïc qui fait partie des "voisins vigilants" et délivre de précieuses paraboles, des séquences de pur Blasphème sonorisées avec du Requiem de Fauré en veux-tu en voilà, des trouvailles constantes de mise en scène, et la musique de Jeff Russo, très cinématographique et manifestement inspirée de Carter Burwell, le monsieur qui signe les musiques des frères Coen... tout cela est quand même très bien conté, et très bien fait.
Pour eux.
Oups.

https://www.mediafire.com/?3birlofww6ci9kf


Fargo, le making off : 
"Concomitant procedures in aortic valve replacement"
by Courtesy of Cthsurgery.com

mercredi 10 mai 2017

Feist - Comfort Me (2011)

Chansons pas connues qui mériteraient de l'être #7



Apparemment tout le monde connait Feist, sauf moi.
C'est à force de regarder les séries télé réalisées par Noah Hawley.
Y'en a un paquet.
On peut même dire qu'elles sont Légion.

lundi 8 mai 2017

Jeff Russo - Legion Original Soundtrack (2017)


Je n'attendais rien de la série télé Légion, et elle en a profité pour me retourner le cerveau.
Ce qui s'annonçait comme un divertissement luxueux à base d'un univers de mutants affligés de pouvoirs psychiques de l'écurie Marvel (que je ne kiffe pas du tout) s'est révélé être pour moi une méta-série. Quoi que ce mot désigne.
Je pensai ingénument durant quelques épisodes que Légion était un long clip de promotion pour telle ou telle maladie mentale imaginaire et typiquement américaine (ici, une schizophrénie paranoïde, dans le film Split un trouble de dissociation de la personnalité à 23 fragments) financé en sous-main par les lobbys pharmaceutiques, pour fourguer leurs produits et rendre attractives des affections peu rigolotes par essence.
Si Mélenchon s'était placé au deuxième tour, j'aurais jamais regardé Légion jusqu'à l'épisode 5.
Je m’y étais vraiment mis pour oublier.
Et puis à l’épisode 5, y’a un basculement qui s’opère, dont je ne suis jamais vraiment redescendu. Me voici coincé dedans,  un peu comme le mec qui chante "The Lunatic is in my head" à la fin de Dark Side of The Moon des Pink Floyd. D'ailleurs j'ai l'impression de naviguer dans une série pop comme jamais série pop il n'y eut. Je vais être obligé de la re-regarder, pour comprendre ce que j'ai vu, ce qui ne m'arrive jamais avec une série. Ca m'a remué plein de trucs à l'intérieur de mes organes perceptifs, j'y vois aussi une averse de métaphores existentielles avec lesquelles je ne vais pas vous saouler, c'est très intime, trop sans doute.


https://lakeshorerecords.bandcamp.com/album/legion-original-television-series-soundtrack

mardi 25 avril 2017

Robert Plant - Band of Joy (2010)

Entre les deux tours de Minas Morgul et de Cirith Ungol, il arrive fréquemment que Rober Plant sa tante au beau milieu d'une discussion futile sur l'utilité du vote utile.
Surtout quand il pense au retour de Joy en première division blindée, et qui sera présente au second tour, la bougresse.
Trauma de vieillard géranium camé Baisers Tranxène coagulés sur miroir Hygiaphone T.V. lunettes noires pyjama rayé Wo ist das Blut ? Ich habe Durst... 
il fait un temps à réécouter les vieux Thiéfaine, mais Rober, c'est pas bon pour ce qu'il a et encore moins pour ce qu'il n'a pas.
Alors Rober il pose un acte fort, il regarde Légion, que c'est son nom, pour oublier.


Pourtant, son nom c'est pas Légion, c'est Rober. Rober U.
Rober n'aime pas trop l'univers Marvel dont est tirée la série qui s'est chopée 3 T dans Télédrama.
Mais c'est pour oublier, alors qu'importe naouak le flacon. 
De toute façon au point où il en est rendu, il est pas loin de se retirer de la vie bloguitique, alors pourquoi pas un suicide intellectuel par série télé américaine interposée. 
Alors Rober il se lance à cerveau perdu dans le Marvel, même si ça doit lui créer des lésions étrangères, même si le Légion il est plein de mutants pourris pleins de super-pouvoirs à la con qui n'ont même pas permis à Mélenchon d'arriver au deuxième tour. Les mutants, c'est rien que des branleurs. Le Marvel, il est réussi surtout plastiquement, c'est dire si c'est pas du toc et qu'il n'y a pas beaucoup d'explosions comme dans les Marvels que Rober y boycotte d'habitude. 
Dans l'épisode 3 de la saison 1 de son nom est Légion pour oublier les 2 tours, il reconnait "Monkey", un titre de Low.

Rober U a peut-être moins bien réussi que ses frêres Super et Hyper, sans doute un peu mutants sur les bords vu qu'ils ont les super-pouvoirs de la Réduc U, mais il sait reconnaitre une bonne chanson quand il l'entend passer dans le poste.
Plus tard, dans le secret de l'isoloir, il consulte les secrets du soundtrack de Légion grâce à tunefind.
Il découvre que c'est une reprise par Robert Plant.
Sur un album qui s'appelle Band of Joy.
Ainsi donc, Robert Plant n'était pas mort ?
S'il avait encore du lithium, il en mettrait dans son sex à piles et il banderait de Joy.
Ou pour Joy, à a ce stade d'intoxication marvelous légionellose, y sait pubien. 
D'ailleurs Rober se fait vieux, il commence à avoir des poils blancs sur les couilles, et il se demande si il verra le Grand Soir de son vivant, et s'il ne ferait pas mieux de voter pour Joy au deuxième tour, comme beaucoup de ses camarades parmi The Disappointed Melenchonists, ce nouveau groupe de metal lourd au profil bas qui fait pas vraiment dans le Band of Joy mais qui promet de taper fort et qui préfèrent hâter une apocalypse qu’ils n’ont pas choisie plutôt que de valider un crépuscule mou, et après nous le démiurge, et qui se disent carrément, comme la tante que Robert Plant, « s’il faut passer par une catastrophe pour y arriver... un jour... allons-y ».
C'est tellement inattendu et blasphématoire que même Emmanuel Todd y ferme sa gueule en ce moment, c'est si rare, profitons-en. 



Heureusement que tandis que les gens commencent à s'impatienter devant l'isoloir et toquent d'un index recourbé au rideau comme s'il s'agissait des Territoires Occupés quand Nethanyaou fait sa grosse commission, alors que Robert y se mord le fond dedans pour savoir qu'est-ce qu'y va voter, y se rappelle que sur le Robert Plant du Legion qui est pas mal du tout y'a aussi "Satan Your Kingdom Must Come Down", un peu plus mobilisateur que Joy Division blindée.
Et comme en France tout finit par des chansons, ouf on a eu chaud, mais qu'est-ce qu'on fera en 2022 ?



http://www61.zippyshare.com/v/zwGgatpv/file.html

 [Edit]

Une fois de plus, Xavier Gorce résume cela dans Le Monde de ce matin bien mieux que je ne saurais le faire.


lundi 24 avril 2017

Holden - La machine (2000)



extrait de l'album "L'arrière monde"

En principe on commence en bas 
En grattant comme un forçat 
En espérant qu'un jour la machine s'arrête 
Je transpire et je marche au pas 
J'entends des cris derrière moi 
Il faudra bien qu'un jour la machine s'arrête 
J'en ai bien soupé, j'ai perdu ma fierté 
J'ai tout donnépour suivre ceux qui me devancent 
J'en sais pas plus que toi,j'y crois pas plus que ça,
Mais rien n'y fait, rien ne perturbe la cadence. 

J'ai appris toutes les ficelles 
Tous les coups de manivelle 
Pour éviter qu'un jour la machine s'arrête.
Je ne me pose plus de questions 
J'ai pris des resolutions 
Pour éviter qu'un jour elle ne s'arrête. 
Je m'occupe en expert 
De ses grands bras de fer 
Et ça me prend jusqu'à mes journées de vacances 
J'en sais pas plus que toi,j'y crois pas plus que ça, 
Mais rien n'y fait, rien ne perturbe la cadence. 

Ça me met un coup au moral 
De voir ces gens qui se battent 
Pour obtenir qu'un jour la machine s'arrête. 
On ne sait pas très bien où ça va 
Les espoirs de ce type-là 
Ça sème le doute au fin fond de nos têtes.
J'en ai bien soupé, j'ai perdu ma fierté 
J'ai tout donnépour suivre ceux qui me devancent
J'en sais pas plus que toi,j'y crois pas plus que ça,
Mais rien n'y fait, rien ne perturbe la cadence.

A la surprise générale des commentateurs sauf moi, c’est le candidat de La Machine qui a été élu. Bienvenue dans le monde de Macronator 2.0

samedi 22 avril 2017

Holden - La Colère des Imbéciles (1998)



j'ai couru des jours entiers
pour lui échapper
mais on ne peut pas fuir
la colère des imbéciles
j'ai bu à en perdre la tête
j'ai abusé des somnifères
la colère des imbéciles
m'empêche de dormir

elle enflamme les campagnes
elle a gagné les montagnes
elle se répand dans les villes
la colère des imbéciles
qui s'exhibent sur la place publique
en ce jour de printemps

elle empoisonne mes rêves
je sais qu'elle me guette
car je suis la prochaine cible
de la colère des imbéciles


Une veille d'élection, il faut bien ça.


jeudi 20 avril 2017

Steve Roach & Mark Seelig - Nightbloom (2010)

Quand plus rien de rythmiquement articulé n'est audible à mes chastes oreilles qui en ont bien trop vu, je me remets le Bloodmoon Rising de Steve Roach, pour aller voir sur la face cachée de la lune si Mélenchon n'y est pas. Ou encore le Nightbloom par Steve Roach & Mark Seelig, avec ses choeurs synthétiques en peaux de faux moines.
Les pochettes sont affreuses, encore pires que le nouveau template de mon blog, les machines sonores imitent laborieueueusement l'évolution des phénomènes naturels dans le temps, mais ça se passe un peu comme dans la chanson de Brassens « Le faussaire » :

« Fausse vierge, fausse pudeur, 

Fausse fièvre, simulateurs, 

Ces anges artificiels 

Venus d'un faux septième ciel.
(…) Ce serait sans doute mentir 

Par omission de ne pas dire 

Que je leur dois quand même une heure 

Authentique de vrai bonheur. »


Comme il est dit sur le site de Seelig, à qui on pardonnera beaucoup parce qu’on croit souvent qu’il fait la gueule alors que pas du tout, c’est parce qu’il est allemand, Mark's music and work is offered hoping to make a small contribution to raising consciousness: May we all learn to face our shadows, honor our skills, and live in harmony with each other and the universe. 



Le décor pour le shoot photo de la promotion de Bloodmoon Rising 
a été gentiment prêté par l'équipe de Twin Peaks, 
qui n'en avait pas l'utilité entre les saisons 1 et 2.

mercredi 5 avril 2017

Un post pour rien


Après une cyber-orgie graphique d'une semaine et demie de test d'un nouveau thème Blogger responsive rose et noir, je reviens à une interface classique, voire vieillotte.
Je ne suis pas convaincu par l'expérience du site web adaptatif, et je suis globalement opposé à l'idée que mes lecteurs puissent en éprouver un quelconque confort supplémentaire de lecture sur leurs téléphones portables.
D'ailleurs, je doute qu'ils en aient.
Et vous verriez la gueule du mien, vous comprendriez.
J'ai bien insisté auprès de la vendeuse pour avoir un portable qui ne soit pas un smartphone, et le Hapi 50  (modèle exclusif de chez Orange® fabriqué en Albanie par des Chinois sous-nutris) qu'elle m'a vendu sur son lit de mort m'a déçu au delà de mes espérances.
Je défie quiconque de faire autre chose que téléphoner avec.
A part se le mettre quelque part, mais même pour ça, il n'est guère adapté au format des orifices modernes.
Bon, on s'en fout, c'est pas ça qui va empêcher Bachar de gazer les Syriens ni Macron d'être élu.
Ce qui me déplaisait dans mon interface Blogger, c'est que je n'arrivais pas à agencer textes et illustrations au sein d'une harmonie qui d'un seul coup d'oeil aurait fait éclater mon génie artistique autant que littéraire.
C'était fromage ou dessert.
Et puis ils sont un peu buggés, les templates Blogger. Y'a des trucs pas nets qui se baladent dedans. Il faudrait se farcir des tonnes de tutos pour comprendre, apprendre à causer css et html. Pas le temps, et pas envie non plus.



Je dépose aussi ici mes anciens bandeaux pour mémoire, là où je vais je n'en ai plus besoin.
(je vais pas loin, je vais ranger mon bureau, à environ 50 cm de ce clavier)

 [Edit]

(si je parviens à lâcher la souris)


J'ai pris cette photo dans les Landes en 2008, mais elle est indémodable. 



au départ, c'est la tombe de Luis Mariano.

mardi 4 avril 2017

Frank Zappa - Chicago '78 (2016)

Frank Zappa a terriblement mal vieilli depuis qu'il est mort, ou alors c'est moi.
Alors que je redécouvre sa Discographie à Travers les Ages, et surtout les 18 versions de The Torture Never Stops publiées de son vivant, je me dis que ce qui a le moins bien traversé le temps dans son oeuvre c'est le côté Gotlib gauchiste, dont je n'ai jamais été un grand fan, principalement parce que 90% des références socioculturelles m'échappaient.
Mais sans doute que la société américaine ne faisait rien qu'à prêter le flanc à ces hénaurmes parodies, orchestrées comme des comédies musicales, avec une affreuse virtuosité jazz-rock seventies.
Et qu'elle a engendré Zappa pour atteindre sa propre rédemption, mais que quelque part en chemin ça a foiré grave comme dans un roman de Dick, personne ne l'a écouté sinon les Zappaïens déjà acquis à la Cause, et ils ont eu Trump en châtiment de leurs excès.
Essayez de convaincre un Zappaïen d'écouter autre chose que Zappa.
Essayez de faire écouter Zappa à quelqu'un qui n'est pas Zappaïen.
Bon courage.
En intro parlée sur l'un des morceaux joués lors de cette prestation à Chicago en 1978, on entend Zappa dire "I want to make this show as different as possible from the last one", et ça résume tout son travail. C'est quelqu'un qui avait sa période rose, elle durait un quart d'heure, puis soudain sa période verte, puis bleue, et au bout de la semaine il avait un album. Avec des trouvailles incroyables dedans. 
Si j'avais été sa femme, ça m'aurait énervé, parce que j'ai cru remarquer que les femmes apprécient une certaine constance dans ce qu'on affirme en tant que leur mec. Ca les défrise pas trop que souvent femme varie, bien fol qui sale s'y fie, mais qu'on se risque à varier dans nos valeurs auto-proclamées, et bonjour les sushis à la grimace.
Zappa n'a cessé de chercher, de bricoler, de muter, jusqu'à la fin, en studio et sur scène, comme une publicité vivante pour l'impermanence des phénomènes dont nous bassinent les bouddhistes.
Ca servirait à rien de faire une biographie pipeautée, la vraie est encore plus incroyable.

Vu à la FNAC.
Emprunté sur le NET.
Ecouté au BUREAU.

http://uploaded.net/file/ig518jov

Chicago '78 est le Official Release #108 de son abondante discographie.
Tu m’étonnes qu’il y ait de quoi se noyer.
Surtout si on n’a jamais appris à nager.
Mais il ne faudrait pas laisser Zappa aux thuriféraires de son oeuvre, c’est tous des frangins du fils à pénible.

lundi 3 avril 2017

Nino Ferrer - Ma vie pour rien (1965)



Palme d'or de la chanson dépressive, toutes périodes confondues.
Nominée au festival de la Ritournelle Nihiliste au festival du Burn-out de Villeneuve-la Vieille, et coiffée au poteau par l'intégrale de Gérard Manchié.
C'est trop la chance à pas d'bol.
Mes parents m'ont offert le disque de Nino quand j'avais 5 ans, je ne m'en suis toujours pas remis.
Aux dernières nouvelles, lui non plus.


En 1965, Nino Ferrer invente le 45 Tours à guillotine.
Le principe est simple : tu mets ta queue dans le trou central,
et tu refermes violemment le mange-disques.
Des heures de rire aux urgences en perspective.


samedi 1 avril 2017

Standard Fare - Philadelphia (2010)

Chansons pas connues qui mériteraient de l'être #6



"Etre jeune, pour toujours et à jamais."
Telles sont les promesses soniques de ces outsiders du premier tour.
Evidemment, au second ils se désisteront en faveur de Macron, celui qui n'a besoin de rien promettre pour être vieux, pour toujours et à jamais.
Fuck le 1er avril.

vendredi 31 mars 2017

Sharon Van Etten - Love More (2010)


Chansons pas connues qui mériteraient de l'être #5



Des tas de gens savent des tas de choses sur Sharon Van Etten.
Moi-même, d'un simple clic, je pourrais vous bluffer par mon érudition.
Ou m'interroger sur les paroles, plus qu'équivoques :

"Chained to the wall of our room
Yeah you chained me like a dog in our room
I thought that's how it was
I thought that we were fine
Then the day was night
You were high you were high when I was doomed
And dying for with no light with no light"

On s'en fout.
Remets le disque.

mercredi 29 mars 2017

Matthew Collings et Dag Rosenqvist - Hello Darkness (2017)

Faut se lever tôt pour trouver une image de Matthew Collings sur Internet, parce qu'on le confond souvent avec Matthew Collings.
Mais ce serait mal connaitre Matthew Collings que de réduire son travail (textural, melodic and often sonically overwhelming) à celui de Matthew Collings, le critique d'art.
Qui s'essaye parfois à la peinture.
Il parait que si on écoute les disques de Matthew Collings en s'absorbant dans la contemplation des peintures de Matthew Collings, on peut avoir des visions de Thögal, mais je pense que c'est abusé.



Je découvre en même temps que vous le dernier Matthew Collings, et c'est en direct et en couleurs, messieurs dames.
Son processus créatif est bien explicationné sur la page bandcamp de l'album.
De Matthew Collings j'avais apprécié Guilt Soundtrack, mais j'ignore si j'aurais apprécié le film.
Là, c'est pareil, si c'était la musique d'un film, j'hésiterais avant de le voir.
Mais comme je me le fais dans ma tête, ça va.
L'enfer, c'est les films des autres.
Ca fait juste stresser mon nouveau chat alangui sur le bureau, qui n'aime pas les sons saturés, et qui se casse en courant.
So long, Migou.

mardi 28 mars 2017

Hurray For The Riff Raff - Jealous Guy (2013)



Faut qu'j'arrête la drogue.
Ou le lithium.
Ou le tabac, le porno, la tisane, ou le blog.
Ou tout ça à la fois, et que j'aille vivre dans une grotte wififree et que je médite trois minutes par jour jusqu'à ce que mes esprits me reviennent.
La première fois que j'ai entendu cette reprise de Jealous Guy par Hurray For The Riff Raff, j'ai cru me souvenir que c'était de Bowie.
Puis j'ai cru que c'était un vieux Bryan Ferry.
Ma mémoire aurait-elle été à moitié effacée par des aliens transgenres issus d'un vieux grimoire de Phil Dick ?
Enculés de bâtards d'extraterrestres.
Je vais voter FN dès le premier tour, tiens.
Entre la mémorisation névrotique de centaines de titres issus de milliers d'albums et le "ah oué c'est pas mal ton truc", il y a un juste milieu.
Comme de se rappeler que John Lennon a écrit de bonnes chansons.
Qu'on ne peut plus écrire aujourd'hui, puisque c'est déjà fait.
A chaque fois que quelqu'un écrit une bonne chanson, elle sort à jamais du multivers des possibles pour finir sur l'étal des évènements advenus et des bouchers, qui en feront d'ignobles covers, et un jour ou l'autre on la retrouve au rayon surgelés du Super U, qui la passe en sourdine pour te rappeler que même si t'as la carte du magasin, t'es resté un rebelle.
Bref.
Ce n'est qu'en préparant l'avant-première mondiale de cet album de reprises vieux de 4 ans sur mon blog que le corbeau honteuzéconfu jura mais un pétard qu'on ne l'y prendrait plus.
Mais bon, qu'est-ce qu'on s'en fout de ne plus se rappeler que Jealous Guy c'est une reprise de John Lennon, à partir du moment où l'émotion musicale nous fait pénétrer dans un instant vrai ? 
Un de ces moments de perception directe non contaminé par le mental ?




C'est peut-être à cause du violon qu'Alynda Segarra (Hurray For The Riff Raff) me fait penser au personnage ô combien émouvant d'Annie dans la série Tremé de David Simon.
Ou parce qu'elle vit à La Nouvelle Orléans.
Certainement pas parce que ses producteurs l'ont habillé en prostituée de luxe (un luxe tout relatif, mais pour qui a pataugé pendant des mois dans la boue déversée par Katrina, des trottoirs à peu près propres et des vêtements blancs peuvent sembler d'une sophistication incroyable) pour promouvoir son dernier album.
Moi-même, comment ferais-je pour paraitre ridicule sans directeur artistique ?




Si j'avais une vie équilibrée, je passerais des journées entières dans la contemplation de la nature. Je sens bien que c'est une pratique nécessaire (et non suffisante) pour parvenir à la maturation de l'âme humaine.
Mais je ne prends pas ce temps. 
Ecouter de la musique est un piètre succédané de la contemplation, mais c'est toujours mieux que rien.

samedi 25 mars 2017

Léo Ferré - Merde à Vauban (1960)

J’avais commencé à écrire dans ma tête un billet bien décalqué avec des vannes au 14ème degré, issues de ma correspondance privée et des conneries que je raconte sur un forum de cinéphiles invertis hyper-secret. On se serait bien marrés. 
Surtout moi.
Y’avait Roger Gicquel évoquant l’envoûtante musique de la mélancolie (« ce désespoir qui n’a pas les moyens », selon sa femme qui l'appelait dans l'intimité « Rhôô, j’ai gicqlé »), le dernier Murakami, des observations d’une grande finesse psychologique sur la façon dont mon père m’a fait découvrir la chanson de Léo Ferré, Claude Nougaro, des vieux messieurs en pyjama qui ne rajeuniront plus, sans oublier que souvent, ma prison n'a qu'un seul barreau, et que je tourne autour. Et comme me le rappelait mon fils quand il avait 7 ans, "mais papa, si ta prison elle a qu'un seul barreau, tu peux t'évader !"

Du coup, l’envie d’écrire s’est évanouie. 
Reste la chanson.

Merde à Vauban.




mardi 21 mars 2017

[Exhumation] Billy Sherwood - Return To The Dark Side Of The Moon (2006)

J'étais persuadé d'avoir déjà posté et reposté cette somptueuse quoiqu'un peu pompière cover de Pink Floyd aux environs d'autour les abords de la parution de cet article.
Apparemment non, mais l'article susdit, je l'ai posté au moins deux fois, une fois.
(Je glisse ça en guise de salut amical et masqué à mon petit neveu Grégory Warsen de Mollenbeck, dont le nom a été sérieusement anonymisé des fois que des cyber-terroristes islamistes se baladeraient sur mon blog en quête de nouvelles cibles faciles pour faire valider leur stage de pulsion de mort).

Et l'album, me direz-vous ?
Ben, que du beau linge, et c'est pas trop la cata question musique.
En tout cas, c'est vachement moins grave que la canicule extrême qui a frappé l’Afrique australe, l’Afrique du Nord et l’Asie l’été dernier, avec par exemple 54 °C en juillet à Mitribat (Koweit).
Beaucoup moins grave aussi que le durcissement des règles publicitaires de Google en réponse à la polémique sur YouTube.
On se demande un peu ce que Malcolm McDowell vient branler là, il a dû penser que c'était la tournée "Age tendre et tête de bois" du rock prog des seventies, et il s'est introduit nuitamment dans le camion de singes qui partaient en tournée mondiale.


*Assurez-vous que le téléchargement de ces fichiers ne contrevienne pas à la législation en vigueur.

 [Edit]
Putains de moines copistes, y’avait un détail avec les McDowell qui me chiffonnait, c’est pas ma femme qui m’aurait mis la puce à l’oreille ni l’alarme à l’oeil, bien sûr que je l’ai déjà posté cet album, avec les mêmes commentaires mais pas tout à fait pareils.

samedi 18 mars 2017

Peter J. Tomasi, Ian Bertram - House of Penance (2017)

Sarah Winchester est folle à lier. Depuis la mort de son mari et de sa fille, cette riche héritière de l’empire Winchester passe son temps et sa fortune à faire construire une villa gigantesque et délirante en Californie.
"Délirante" dans le mauvais sens du terme : portes ouvrant sur le vide, escaliers ne menant nulle part. 
Sarah est hantée par les fantômes des victimes des carabines à répétition Winchester, qu’elle pense tenir à distance en poursuivant la construction de sa villa à jamais inachevée.
Un mystérieux étranger arrive... et il pourrait bien rendre les démons de Sarah trop réels.

Au départ, il y a une histoire vraie : 
Sarah L. Winchester, née en 1839 et morte en 1922, fut bien l'épouse de William Wirt Winchester. 
Elle hérita de ses biens et de 50 % des parts de la Winchester Repeating Arms Company quand celui-ci meurt de la tuberculose en 1881. 
Convaincue que des esprits allaient la tuer si la construction de sa maison en Californie était terminée, Sarah Winchester utilisa sa fortune pour poursuivre la construction de la maison 24 heures sur 24 pendant 38 ans.

Je ne l'ai su qu'après, et ça ne m'a pas gêné.
A partir de ce destin tragique et fou comme seuls les Etats-Unis peuvent en produire, les auteurs nous plongent dans une recréation hallucinée, tordue et cauchemardesque de l'histoire de cette femme rongée par la folie. Le scénario s'effiloche sérieusement, gravement contaminé par des embardées oniriques réservées aux amateurs de tripes à la mode de Caen et de boissons énergisantes à base de cassoulet et d'ayahuesca.
Graphiquement, ça me fait beaucoup penser au Joann Sfar de la période Donjon Crépuscule, au Manara première période, à du Moebius underground.
Et j'imagine bien Tim Burton ou Jan Kounen en faire un film avec Eva Porée Green.
Vous pouvez l'emprunter à la médiathèque ici et ne jamais le rendre, ou l'acheter sur Mamazone
Ca sortira peut-être un jour en français, j'en sais foutre rien, et alors des milliers de bloggueurs sortiront de l'ombre pour rédiger de petits articles inspirés du mien, en me reversant des droits d'auteur faramineux.
Ou pas.








mercredi 15 mars 2017

Wye Oak - Civilian (2011)

Chansons pas connues qui mériteraient de l'être #4

Y'a la version studio (ma préférée)



Y'a la version concert à la maison (ma préférée)



Y'a la version concert à la radio (ma préférée)